Écorchée vive, née pour un combat

De tout temps, j’ai toujours aimé les animaux. J’ai même cru qu’on s’était trompé à la livraison de mon être dans cette vie étrange, et que j’en étais un.

Je n’ai pas été élevée dans une famille qui possédait des animaux à mon arrivée. C’est un premier militantisme, qu’on appellera pour le moment « envie incompressible », qui a amené en mon foyer mes premiers compagnons de vie à poils. J’avais 4 ou 5 ans, et j’étais déjà forte en pouvoir persuasion apparemment.

Enfant, je n’ai eu de cesse de réclamer des animaux, de ramener des animaux, avec les classiques « je l’ai trouvé dans la rue », ou « je devais l’acheter il était tout triste dans sa cage ». Mes parents se sont résignés, totalement. Après tout, c’est ce qui semblait m’équilibrer. Un peu.

Car je n’ai jamais vraiment été « dans le moule ». Au diable les robes, les collants, les cheveux longs… moi ce que je voulais, c’était être seule avec mon chien, et dévaler les champs en pente, à en perdre le contrôle de mes jambes. À en perdre le contrôle de mes pensées.

J’ai fait 10 ans d’équitation, mais je n’ai passé aucun examen (les fameux « Galops ») et je n’ai jamais réussi à m’intégrer dans le milieu de la compétition. Moi tout ce que je voulais, c’était monter ce même cheval, Youpi. Passer du temps avec Youpi. M’asseoir dans le box de Youpi. Dans ce silence réconfortant. Me plonger dans ses grands yeux marrons, avec l’impression que lui aussi se plongeait dans les miens.

Je voulais voir tous les zoos, tous les parcs animaliers, tous les aquariums, tous les cirques.

Et un jour, l’innocence s’est envolée. J’ai été écorchée à vif de haut en bas par la réalité.

J’ai compris. J’ai hurlé intérieurement. Comment ces choses qui me donnaient tant de bonheur pouvaient être si cruelles ? Pourquoi ne m’avait-on rien dit ? Pourquoi, surtout, je n’avais rien vu ?

Étais-je si naïve, si égoïste… l’adolescence a apporté avec elle son lot de culpabilité mais aussi son lot de raison. Je n’avais finalement qu’été emprisonnée dans le système qui fait que ces choses existent encore et j’étais loin d’être la seule à m’être fait avoir.

Il était maintenant temps de ne pas en rester là. Après le réveil, vient l’action.

Je suis née pour ce combat.

Je ne rentre toujours pas dans le moule. Je suis toujours un peu trop végétarienne pour certains, toujours un peu trop poussive sur l’adoption des animaux, toujours un peu trop extrême sur le cuir, la fourrure…

Toujours un peu trop prête à tout lâcher si besoin, oubliant ma famille, mon entourage, mon travail… si ça peut me permettre de sauver un bébé pigeon.

Mais c’est en moi. Et même si cela me rend étrange pour certains, je sais que c’est le meilleur chemin que je donne à ma vie. Ce sera toujours le fil conducteur. Jusqu’au bout. Deal with it.

Et même si ce n’est pas simple de se confronter sans cesse à ce qui nous tue, cette souffrance est notre force.

Comme dirait Charles Bukowski :

Find what you love and let it kill you.

Je souhaite sincèrement à chacun de vivre pour un combat. Non seulement la vie est pleine de sens, mais c’est ainsi que le monde changera.

2 Replies to “Écorchée vive, née pour un combat”

  1. Magnifique texte comme d’habitude❤️Tu as ce don d’écriture qui depuis toujours m’impressionne !!!!!! Fière de toi ma fille, je le suis et le resterais jusqu’au bout❤️❤️Je t’aime❤️Ta Maman 🌹

    1. Merci de m’avoir permis de m’enfuir dans mon monde autant que possible <3

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