Lâcher un chien adopté : les étapes pour détacher la laisse

Adopter un chien, c’est un geste merveilleux. Mais cela implique aussi de prendre en compte que le chemin sera parfois un peu plus long pour certaines choses, d’autant plus si vous adoptez un adulte ou un jeune qui a déjà eu le temps d’avoir un passé impactant, et d’éventuels traumatismes liés à ce dernier.

Certains chiens adoptés sont parfois directement prêts à créer une nouvelle relation homme-chien avec leur nouveau maître, mais d’autres auront besoin de plus de temps, et c’est sur ceux-là que je vais me concentrer dans cet article, au travers de la problématique de la promenade sans laisse.

Comment apprendre à détacher la laisse de mon chien adopté ?

Promener un chien sans laisse, c’est un vrai bonheur, autant pour le maître que pour le chien, et il est juste de viser cet objectif car il serait dommage de passer à côté, sous peine que votre chien ne soit pas agressif avec les personnes ou ses congénères, auquel cas il faudra faire un autre travail en amont. Mais pour les chiens qui n’ont pas, ou plus, de problème d’agressivité, voici les trois valeurs qui permettent d’atteindre l’objectif de la liberté :

PATIENCE – CONFIANCE – RAISON

Et je vais détailler ces trois principes afin que ce soit plus clair !

Patience 

Avant de penser à détacher le chien, il faudra prendre le temps de construire une relation avec lui. Pour certains chiens, cela ira vite, car leur passé ne leur a pas laissé de traces ou bien ils ont réussi à maintenir un niveau de confiance aveugle envers l’humain et auront la volonté de tisser un lien fort très rapidement.

Mais pour d’autres, cela peut prendre plus de temps. Manque de socialisation dans leur jeune âge, mauvais traitements, des années de box en refuge qui anesthésient le cerveau canin… les raisons sont multiples et peuvent apporter certaines difficultés dans la mise en place du lien homme-chien.

Vous pouvez avoir un chien indépendant qui ne se soucie guère de son humain, un chien craintif, un chien surexcité qu’il est difficile de canaliser ou pour les plus chanceux, tout à la fois… beaucoup de possibilités qui peuvent compliquer l’établissement d’une relation complice dès les premiers temps.

Avant donc de penser à détacher la laisse et de courir cheveux (et poils) aux vents en totale liberté, il faudra s’assurer d’avoir construit une vraie relation avec son chien, afin de devenir le guide ultime de ces promenades, que votre chien suivra avec bonheur.

Comment renforcer la relation avec son chien ?

Les pistes sont nombreuses, et cela dépendra beaucoup de l’animal, de son caractère naturel, et de son passif. Pour certains, le jeu sera un vrai ciment du duo homme-chien, pour d’autres il y aura la voie de l’estomac qui sera la plus sûre à coups de friandises, pour d’autres un vrai cadre au quotidien avec une cohérence de tous les instants, puis pour certains l’éducation et le travail d’équipe avec le maître… mais le paramètre qui changera rarement, c’est le temps. Prendre le temps. Prendre le temps d’observer votre chien, d’écouter votre chien, de vous adapter à votre chien, de vous imposer comme il faut à votre chien… bref, prendre le temps d’installer ce rôle de guide-confiance, avec bon sens, respect, et feeling.

Si vous avez peur de ne pas vous en sortir seul, c’est le moment d’aller voir un professionnel éducateur canin ou comportementaliste, car développer la relation avec votre chien est l’essence même de tout travail d’éducation et d’une relation harmonieuse.

Confiance

Maintenant que vous avez une relation avec votre chien, qu’il semble ne plus vous craindre, ne plus vous ignorer ou bien encore s’il peut-être canalisé via une méthode ou une autre… il est temps de lui renvoyer l’ascenseur et de lui faire confiance à votre tour.

Mais pas n’importe comment !

La confiance, ce n’est pas un dû, jamais. Cela se mérite. Votre chien aussi va devoir maintenant vous prouver que vous pouvez lâcher du lest, afin de lâcher la laisse. Mais vous allez devoir l’aider pour ça, parce que ce n’est évidemment pas votre chien qui va vous proposer des exercices, n’en demandez pas trop quand même.

Donc la confiance, c’est du boulot, et c’est là que vous allez rentrer dans la phase d’entraînement avec des exercices d’éducation sur le rappel.

Alors il y a beaucoup de méthodes pour apprendre le rappel, avec ou sans friandises, avec ou sans longe… à vous de trouver celle qui vous est adaptée.

Dans les grands principes : le rappel s’apprend progressivement, il faut d’abord identifier l’intérêt à susciter pour faire revenir votre chien (ça peut être votre beauté naturelle, son jouet préféré, une friandise délicieuse…)

Vous commencez tranquillement dans votre salon, puis dans un jardin, puis dans un espace clos, puis en extérieur avec une longe de 10 mètres, puis sans parachute… progressif. Donc pas en 3 jours. On est sur des semaines de boulot là, surtout si vous n’avez pas loisir de bosser ça tous les jours avec votre chien. Le travail régulier étant la clé, essayez de le travailler au quotidien, même si ce n’est que 2 minutes, ça sera toujours plus efficace pour que ça devienne un réflexe naturel, que de faire ça 30 minutes en matinée dominicale.

Vous ne voyez pas vraiment de progression ou vous ne voyez pas le bout ? Appelez encore un professionnel, il va trouver ce qui cloche dans votre méthode et saura vous remettre sur le droit chemin.

Astuce du chef : Malinka cumule un peu différents obstacles, à savoir qu’elle est craintive, qu’elle s’en fiche un peu de moi, qu’elle est vite surexcitée avec une impossibilité de se concentrer sur ce qui l’entoure… la belle affaire quoi.

J’ai donc décidé de m’offrir une roue de secours à environ 5 balles : un sifflet. Je l’ai conditionnée pendant des semaines tous les jours dans mon appartement à comprendre que « sifflet = friandise ». Je peux vous assurer qu’en cas de problématique ou de danger extérieur, ce sifflet est bien pratique car elle revient systématiquement dès qu’elle l’entend, tant c’est devenu un réflexe. Je continue d’ailleurs à faire des piqûres de rappel et j’entretiens ce réflexe régulièrement, parce que si je ne l’utilise pas pendant 3 mois à mon avis ça deviendra moins efficace.

Raison 

Vous sentez que votre entraînement a porté ses fruits et vous êtes sur le point de dire salut mousqueton, bye bye nylon, et bonjour émancipation ?

Et bien c’est là, plus que jamais, que vous devez aborder ce dernier principe.

SOYEZ RAISONNABLE.

Ne lâchez pas votre chien pour la première fois au bord d’une nationale avec des voitures qui roulent à balle, ne lâchez pas votre chien dans une zone avec 46 autres chiens tous horizons, ne lâchez pas votre chien de nuit… bref, choisissez votre lieu, votre contexte, votre moment, et gardez quand même à l’esprit que votre chien reste imprévisible même avec le meilleur sifflet du monde.

Choisissez pour la première fois un endroit calme, vaste, sans perturbation. (en gros, allez dans les champs.)

Apprenez à savourer avec gratitude cet instant, et gardez une pointe d’inquiétude (juste une pointe, être mega stressé n’est pas bon non plus, on vous rappelle que les chiens vous captent.)

Rien n’est jamais acquis, restez vigilant.

En observant votre chien, en répétant ces sorties, vous apprendrez à estimer quels autres contextes et lieux peuvent convenir à des promenades sans laisse. Si vous n’êtes pas serein, alors ne lâchez pas votre chien. Généralement quand on a un doute dans ce cas là, c’est qu’on a une bonne raison, donc ne risquez pas la vie de votre chien (ou d’autres !) avec un accident qui pouvait être évité.

Et le dernier point de la raison serait simplement de vous dire : ne visez pas trop haut.

Non, promener son chien sans laisse en pleine ville n’est pas une nécessité, vous n’avez pas raté votre vie si vous ne le faites jamais. 

Pour rappel, vous avez adopté un chien qui a été déçu une première fois par l’humain, soyez déjà reconnaissant de pouvoir le lâcher en zone calme et d’avoir ce compagnon qui vous suivrait jusqu’au bout du monde s’il le fallait.

Le bonheur n’a pas besoin de plus que ça pour exister, et certainement pas de prendre des risques inutiles.

Bonnes balades ! 🙂

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